Corps cité

160 cm x 81 cm. Peinture acrylique, collages, tirage pigmentaire, sur deux châssis assemblés avec ajout d'une bordure.

Maison

27 cm x 34 cm. Techniques mixtes sur papier dont tirage pigmentaire.

Cette série des maisons (ci dessus un exemplaire) est un travail qui se développe dans un processus lors duquel média classiques et numériques sont nécessaires. Une peinture est produite puis prise en photo. La photographie de cette peinture est ensuite importée dans des logiciels de traitement des images. La saisie photographique de l'image, numérisée donc, est une première étape de traduction de l'image peinte originale. La suite du travail dans les logiciels est une ré-écriture et une réinterprétation de l'image. Cette image est ensuite imprimée avec des encres pigmentaires. Une dernière étape, intervention sur l'image imprimée (divers traitements, peinture, collage, graphisme) complète le cycle de création.
Ce processus apparemment complexe, s'il l'est effectivement d'un point de vue technique, provient d'idées et d'observations simples. Saisies, relectures, réutilisations, déplacements des images, des contextes originaux de leurs présentations sont devenus contemporains de nos habitudes quotidiennes d'accès à ces images (essentiellement navigation web).
Le sujet du « tableau » qui est la maison, est un archétype. Qu'elle que soit son architecture et la charge symbolique que nous lui donnons, la maison est universelle. Depuis que l'homme est homme, sédentaire ou nomade ce lieu lui est nécessaire.
La peinture, art ancien toujours pratiqué, nous offre cette incroyable possibilité de connexion aux origines de l'art et de l'homme. Lorsque l'on peint on est à la fois contemporain, ancré dans notre époque en même temps que relié aux gestes des arts les plus anciens. 

Château

208 cm x 150 cm. Techniques mixtes sur trois châssis entoilés assemblés, ajouts de bordures (haute et basse), superpositions d’œuvres.

Sur le fil

Un écrit de Laure Florès. Juillet 2017.

"Comme un passage vers un lieu où l’on se déshabille du flux d’émotions parasitaires du quotidien, où les repères spatio-temporels deviennent des contours flous permettant l’épanouissement d’une conscience spirituelle ouverte et apaisée, l’atelier de Roland Semadeni se découvre et s’apprivoise avec patience, pudeur, curiosité, émerveillement puis ravissement. Cet espace hors du temps est, dans Marseille, un véritable havre de paix, où le fantasme délicieux de l’univers d’artiste fait de lumière débordante mais jamais agressive, d’odeurs de peinture surannée, de tâches colorées imbibées dans le sol, de bois découpés, d’œuvres en cours délaissées ou adorées, d’outils faussement négligés, est intact mais pas cliché. C’est son repère, son Refuge, le fruit du travail de toute une vie, au caractère identitaire fort, que donne à voir Roland Semadeni avec sincérité. Profondément attaché à la liberté, l’artiste se réalise dans la contradiction d’une aspiration à l’évasion permanente et d’un attachement viscéral à son lieu de création, à sa « maison ». L’importance du côté rassurant de l’abri, de l’architecture protectrice se retrouve comme un leitmotiv dans l’ensemble des œuvres de Roland Semadeni, et entre en synergie étroite avec l’empreinte du corps, l’artiste imaginant une fusion équilibrante entre ces deux entités. Déroutante, sa peinture, un terme ici réducteur tant le propos et la technique dépassent le simple geste d’apposition de couleur sur une surface, se joue des formes, des matières, des perspectives et des supports. Le regard se perd dans le Mirage de ce qu’il imagine être des paysages où apparaissent des structures indéfinissables, des références charnelles à première vue figuratives et quasi surréalistes, puis des trames géométriques semblant faire le lien d’une production à l’autre. Roland Semadeni tisse. Il tisse de façon imperceptible le fil d’une quête chimérique, à la manière d’un insecte bâtisseur et nomade qui avec opiniâtreté poursuit un objectif de perfection. Le Secret de l’artiste est alors peut-être là. Comme Icare se rapprochant dangereusement du soleil, c’est une soif d’absolu inassouvi qui se dessine toile après toile, dans les recherches méticuleuses d’équilibre subtil entre les pleins et les vides, les contrastes chromatiques intenses, les oppositions formelles, les unités de teintes ou pas, le respect pour un certain classicisme et la déconstruction brutale et épidermique de toute convention. C’est une démarche presque sonore dont l’artiste ne peut faire abstraction tant son rapport à la musique est ténu. L’atelier de Roland Semadeni et son travail se vivent comme une expérience sensible totale dont on ressort différent. Le voyage proposé, relevant presque d’un rite initiatique, est un moment méditatif finalement très personnel renvoyant à de nombreux songes intérieurs, à la fois nostalgiques, magiques et abyssaux, et laissant une ouverture sur notre appréhension du monde qui se veut puissante par sa profondeur et sereine par son caractère délicatement contemplatif."

Paysage

13 cm x  18 cm. techniques mixtes dont tirage pigmentaire, sur papier.

Ouvert

35 cm x 35 cm. Peinture à la colle sur panneau de bois découpé.

Un secret

60 cm x 60 cm. Peinture acrylique sur toile.

Mirage

160 cm x 81 cm. Peinture acrylique, collages, tirage pigmentaire, sur deux châssis assemblés avec ajout d'une bordure.





 Le tableau, objet d'attentions, d'interventions,  est une architecture qui interroge son histoire.

détail.


Différentes épaisseurs, châssis assemblés, bordures, participent à l' architecture de l'objet plastique proposé.


détail.

Une  fenêtre, ouverture  vers un horizon, un fragment organique, corporel.


Maison.

maison.











Le château.


Le château fut l'occasion, permise par le grand format, de travailler à l'équivalent d'un bas relief, des œuvres sont accolées les unes aux autres, d'autres sont superposées.

L'architecture, protectrice du château, à même de porter cette complexité est pensée comme ouverte dans l'espace. 

Des lignes horizontales rythment la surface et guident notre regard vers l'extérieur. Des lignes de fuites ainsi que des fenêtres, ouvertures, espaces illusionnistes, permettent des vues qui simulent des profondeurs dans les plans.

Ici des « couches de travaux » liées à l'utilisation de différents média offrent des possibilités de lectures polysémiques, qui n’enferment ni le spectateur ni l'auteur dans le sens d'un message  délivré mais bien au contraire proposent un voyage dans des possibilités de significations.















Quand vient la nuit.

Peinture sur panneau de bois.






















Songe.

panneaux de bois découpés.

Ces travaux sur panneaux de bois découpés, sont parmi les premières peintures (2014) qui rendent correctement compte de  la remise en jeu du travail plastique de Roland Semadeni. En effet  il y a la définition d'un univers chromatique coloré soutenu, la mise en place d'un espace qui propose une profondeur dans le tableau, une architecture solide structurée par des lignes directrices graphiques, des oppositions entre des masses en aplats, des trames, des textures mobiles et la découpe du support qui rompt avec le carré ou le rectangle traditionnel.


Cage.

un secret.

Construction architecturale (2014), au centre de la composition une ouverture, un passage, à gauche et à droite du tableau des bandes latérales qui ferment ou ouvrent l'espace et guident le regard.

Un secret nous parle de la notion de "capacité d'énigme" que délivre une œuvre. Il s'agit de ne pas  tout définir par l'analyse, ni même de trop savoir,  il s'agit de se confronter au mystère sans cesse renouvelé de la création d'une œuvre sans en circonscrire la richesse, de toujours garder la possibilité d'une expérience ouverte que ce soit en tant que spectateur  ou en tant  qu'auteur.



Village haut.


Des vues.

De l'artiste considéré comme un  explorateur, du tableau considéré comme une terre inconnue. Paysages, abris et refuges, mirages, cités, châteaux... Il s'agit toujours de se déplacer, de déplacer son point de vue, d'avancer alors que l'horizon recule, de découvrir des terres inconnues, de se confronter aux rencontres, de pouvoir poser son sac à terre et  se reposer le temps de récupérer, d'établir un campement, puis de repartir encore à chaque tableau. 


Refuge.